Les arabes ont ils vraiment conquis l' Espagne? 5 ème partie


Le complexe religieux de la fin de l' Antiquité jusqu' au Haut Moyen Age 

Il semble avoir eu durant notre histoire une longue rivalité entre monothéistes trinitaires et monothéistes unitaristes, en parallèle avec la compétition millénaire entre les civilisations sémites et indo-européennes.

Pour situer les limites exactes de cette rivalité et apprécier sa relation ou son influence dans les événements, on se doit de prendre le problème dans son ensemble, avec un grand panorama. Deux principes déterminent son essence et son évolution:

-La lente ascension du monothéisme au détriment du polythéisme, parfois complexe, s'est enraciné dans la mentalité des masses de manière bien plus précoce que l' on ne l' avait supposé.

-Le divorce qui s' est officiellement établi depuis le IV ème siècle entre trinitaires et unitaristes, dont les croyances hétérodoxes au christianisme romain seront plus tard absorbées par le syncrétisme musulman.

Le paganisme résiste

Durant pas mal de temps, avec la candeur des premiers historiens chrétiens, on avait cru que le polythéisme et ses différentes manifestations plus ou moins transformées ou "rejetées", s' était dissolu par la prédication de nouvelles doctrines monothéistes. Nous savons aujourd'hui qu'il n' en était pas ainsi, et les polythéistes ont résisté plusieurs siècles aux enseignements chrétiens et musulmans. Ernest Renan rappelait que: "La Grèce s' est maintenue dans ses anciens cultes, qu' elle a seulement abandonnée durant la moitié du Moyen Age, et avec un dégoût évident." La même chose pour Byzance et son empire, selon Louis Bréhier: "Le paganisme était très étendu, dans la haute société et dans les campagnes, malgré les Edits impériaux, en Grèce, où l' Université d' Athènes était leur dernier refuge, en Egypte, en Syrie, à Constantinople, dont les universités enseignaient toujours officiellement avec des maîtres païens, obligée à une certaine tolérance où l' action du gouvernement se voyait dépassée par la fureur populaire qui ensanglantaient les villes. Une tentative comme celle de Pamprepios pour rétablir le culte aboli montre qu' à la fin du V ème siècle la question du paganisme était toujours pendante".  Si tel était le cas de l' Orient, comment était celui de l' Occident, culturellement bien plus arriéré à ce moment?

Arius

Naissance du monothéisme et de ses points de vues opposés

Les premiers balbutiements de l' idée forte d'un Dieu Unique apparaît durant les temps des grandes dynasties d' Egypte, c' est à dire à une date bien antérieure à l' arrivée d' Abraham dans les terres de Canaan. Pour les initiés, les sacerdoces qui gouvernent la nation, c' est une seule substance s' engendre éternellement. Pour les masses ne comprenant pas ces subtilités, Ré, le soleil, est la meilleure manifestation de cette puissance et les populations l' adorent comme s'il serait un véritable dieu. Il n' existe aujourd'hui aucun doute sur le fait que les premiers fondements monothéistes d' Egypte ont été hérités par d' autres peuples qui maintenaient avec ce pays des relations étroites. Avec bien d' autres richesses matérielles et intellectuelles, les grecs ont reçu des égyptiens cette conception d' un principe supérieur, dont l' idée fut transcendée par ses philosophes. Le rôle d' auteurs comme Platon et Aristote, dans l' évolution des idées chrétiennes, est connu. La distinction entre un être supérieur et inférieur qui aurait à sa charge le malheur des hommes est un concept dont l' origine doit aussi être égyptienne: un être apparenté avec Ré et émanant d'un mobile éternel et soucieux de la terre et de ses problèmes terrestres. Pour l' Ecole d' Alexandrie, cet intermédiaire se désigne avec plusieurs noms: la Lumière, le Verbe, le Logos, émanation directe d' un Dieu Unique, mais qui ne possède pas sa nature divine.
Pour les chrétiens du II ème et III ème siècles, qui sont les initiateurs du dogme trinitaire, le Logo ou le Verbe est Christo, et forme avec le Père et l' Esprit Saint, une Trinité, un dieu en trois entités. Mais ce concept qui est le fondement du christianisme ne fut pas immédiatement admis par les adhérents de la nouvelle foi, qu'il soient évêques ou un modeste fidèle. Une grande controverse eu lieu tout le long du III ème siècle, il s' avérait nécessaire un Concile général, qui eut lieu dans la ville de Nicée en 325. Une masse importante de dissidents s' opposaient à ces enseignements et suivaient les directives d' Arius et d'autres hérétiques. Depuis ce moment, la division entre monothéistes se manifestait et ne s' est pas camouflée dans des discussions à caractère académique. Les discours dans les églises et les écrits se transformèrent en actes agressifs, manu militari et les deux camps ont tenté de faire triompher leur idées sur le champ de bataille.

Naissance puis triomphe du cruel anthropomorphisme monothéiste

Les égyptiens ont aussi transmis aux hébreux les principes d' un dieu unique et supérieur; et en raison de leur propre génie, ils rejetèrent l' interprétation ésotérique et ensuite métaphysique de l' Ecole d' Alexandrie. Au lieu d' être une entité abstraite qui se manifestait par une ou plusieurs émanations, le dieu d' Israël est providentiel. En réalité, il s' agit d' une conception anthropomorphique (NdR: ou d' anthropotheisme): Yahvé prend soin de son peuple comme un bourgeois le ferait pour son jardin. Il se réjouit quand s'ouvrent de belles fleurs et se fâche quand de mauvaises herbes les menacent. Dans des sociétés prédisposées à un étroit sentiment religieux, ce qui arrive généralement quand s' ankylose le dogme, cet anthropomorphisme conduit fatalement à des actes sociaux et politiques, inconcevables au départ. Israël était le peuple élu de Dieu: cette illusion à été la cause de malheurs innombrables, parce qu' elle fut héritée par les monothéistes postérieurs, lesquels ont transcendé le concept à un niveau intellectuel. Eux seuls étaient en possession de la vérité, ceux qui ne partageaient pas ces idées étaient dans l' erreur et vivaient dans les ténèbres. Les conséquences de telles bêtises, ce péché d' orgueil, était facile à deviner: quand les monothéistes se sont divisés durant le IV ème siècle à cause du dogme de la Trinité, ils s' agressèrent de manière féroce. Ils se firent une guerre sans pitié, de telle sorte qu' à la fin de ce siècle, l' historien romain Amiano Marcelino disait: "Il n'y a pas de bêtes aussi cruelles pour les hommes que la majorité des chrétiens, qui le sont l' un pour l' autre." Se proclamant disciples de Christos, les actes et les écrits de ces fanatiques étaient bien peu en rapport avec les enseignements de leur Sauveur. La méchanceté et l' intransigeance avait effacé de leurs coeurs les mots doux des Evangiles. Leur pensées et leur écrits ne ressemblaient pas du tout aux enseignements des philosophes païens qu' ils citaient pour paraître cultes. De la fin du IV ème siècle jusqu' à la fin des guerres de religion au XVII ème siècle, la persécution religieuse avait dévasté l' Occident trinitaire et l' Orient unitariste. Depuis ces affrontements antiques, les monothéistes continuent de nos jours à s' affronter: orthodoxes contre hétérodoxes, chrétiens contre musulmans, catholiques contre protestants, chiites contre sunnites, .....
En raison de ces divergences qui se sont accentuées avec le temps, les deux idéologies se sont isolées l'une de l' autre. Ainsi, les chrétiens ont ignoré les splendeurs de la civilisation arabe arrivée à son apogée, tandis que les musulmans ont ignoré l' évolution des idées des nations chrétiennes, au moment des temps modernes. 

Parenthèse sur l' impact hellénique en Orient

Des préjugés tenaces ont dominé les esprits, jusqu' aux esprits les plus libres, non seulement au long du XIX ème siècle, mais aussi de la grande majorité des historiens contemporains. Il s' agit d'une déformation de la perspective historique qui se traduit par un excès d' occidentalisme. On avait cru que la Renaissance avait directement héritée les enseignements de la civilisation grecque, après une longue période obscure. Pour une estimation ou un amour propre mal compris, on avait exagéré le concept selon lequel le christianisme était l' héritière directe du génie hellénique: Saint Thomas, était le vrai successeur d' Aristote. Pour ne pas avoir su valoriser dans ses termes stricts le fait de la division du monothéisme, on avait sous estimé l' évolution des idées dans tout le bassin méditerranéen, on ne connaissait pas les énormes progrès réalisés du coté unitariste dans toutes les disciplines et particulièrement les sciences.
Les siècles témoins de l' hégémonie romaine n'ont pu apprécier de géniales créations dans les arts, les sciences ou la philosophie. Bien il y avait certains mouvements d' idées dont l' impact atteindra les générations futures. C 'était la seconde époque de l' Ecole d' Alexandrie, dans laquelle, un Philon ou un Plotin avec son néoplatonisme ont tant fait se développer les idées religieuses. Les travaux de Diophante et Théon (III ème et IV ème siècles) allaient permettre ultérieurement l' apparition de l' algèbre. Ainsi, si l'on met de coté l' effervescence poétique du siècle d' Auguste, le bouillonnement des idées se trouvait en Orient. Rien de similaire ne se manifestait en Occident. Ni le génie de Saint Augustin, ni la poésie d' un Prudence étaient capables de dévier ou de modifier l' expansion des idées qui venaient irrésistiblement d' Orient. L' Orient avait connu la civilisation hellénique dans toute sa splendeur, ainsi que l' effervescence de la byzantine. En cet endroit se concentraient les éléments qui allaient germer une merveilleuse floraison: la civilisation arabe.
Ce furent les monothéistes antitrinitaires, héritiers directs des enseignements de la civilisation hellénique, qui ont réussi à sortir les sciences du puits dans lequel il elles se trouvaient. Ils établirent les bases d'un nouveau langage mathématique, qui permettaient plus tard à Galilée, et d' autres, de révolutionner la physique. Pour ainsi dire, les unitaristes orientalistes, qui fonderont plus tard l' Islam, sont les authentiques héritiers de la civilisation grecque, par rapport au christianisme bien plus apparentée à la civilisation romaine.  

Saint Paul de Tarse

Le régime juridique de la famille en question

Dans l' état actuel de nos connaissances on ne peut ignorer, comme l' a fait l' histoire classique, l' importance de la vie sexuelle et le rôle qu' elle a joué dans la structure des civilisations. Les anthropologues sont d' accord pour reconnaître que dans les tribus sauvages, les tabous d' ordres sexuels ont existé dans un nombre très limité de sociétés. On ignore quels sont les facteurs qui ont développé des familles dans chaque régions avec des caractères différents. Ici, dominait la polyandrie, par là c' était la polygamie, et là c' était la monogamie qui s' était converti en coutume sociale. Pour atteindre une compréhension adéquate des idées au début de l' ère chrétienne, il faudrait apprécier à leur juste valeur les conséquences de l' impact posé par le problème de la question sexuelle dans la division des monothéistes.
Les textes chrétiens primitifs, fidèles à la tradition de la Septante, ne présentent aucune difficulté pour régler ce problème, puisqu' ils respectaient les lois juives, celle qui, selon les Evangiles, a toujours reconnu et observé Jésus Christ. Il était polygame, comme l' étaient tous les sémites. Au contraire, les textes rédigés par des intellectuels influencés ou assimilés avec la civilisation grecque, posent un problème inconnu à ce moment. Cela aurait surtout été l' oeuvre de Saint Paul qui était un juif hellénisé, qui prédiquait les avantages de la monogamie. On conçoit difficilement qu' un missionnaire voulant attirer des prosélytes d' une nation aussi culte et développée que la sienne, ai pu commencé par stupéfier l' auditoire, en lui exposant des doctrines opposées à ses tradition culturelle et à ses coutumes sociales; ce qui dans ce cas, constitue un acte encore plus grave que l' exposition de nouveaux concepts religieux. Lorsque le christianisme primitif se divisait en deux; de manière grossière ou très relative; l' Orient des sémites optait pour l' unitarisme qui conservait la tradition juridique polygame de cette région; tandis que l' Occident des indo-européens optait pour les idées trinitaires et conservait la tradition juridique monogame de la civilisation romaine ou grecque. Pourtant, les Evangiles restent muets autour de la constitution juridique du mariage, qu' elle soit monogame ou polygame. Le Christ n' a jamais condamné l' institution familiale de son peuple, qui était la norme des sémites et qui le reste de nos jours. Cependant, Saint Paul était bien plus libéral que ne le sera l' Eglise. Dans son premier épître à Timothée il écrit que: "l' évêque doit être irréprochable, le mari d' une seule femme.", c' est à dire que le postulant à la charge d' évêque devait suivre l' idéal monogamique indo-européen et rejeter la polygamie de la tradition juive et autres peuples sémites. Il tant obsédé par cette question qu' il répète encore "que soient les diacres les époux d'une seule femme."

L' abstinence sexuelle en question

Ce qui était vraiment nouveau dans les prédications de Saint Paul, c' était ses prédications sur les vertus du célibat, et de la supériorité de l' abstinence. Ces idées jouissaient d' une large ascendance dans les civilisations sémites, et l' école de Pythagore avait prédiqué l' ascèse et l' abstinence. Mais comme l' était sa science, cet enseignement avait une origine orientale. Apparemment, les ésséniens avait actualisés ces idées, mais ce fut Saint Paul qui les propagea le premier dans le monde Occidental, bien que les Evangiles ne contiennent pas d' éloges au célibat et à l' abstinence. 
La gravité et l' importance de ces enseignements de Saint Paul, étaient dans l' insertion de l' abstinence dans des questions religieuses et théologiques, qui finalement s' opposaient contre la société, contre la constitution de la famille et de la procréation.
Des ascètes, des anachorètes ou des communautés qui vivaient dans des lieux rupestres pour se dédier à la prière et s' entraîner à des pratiques ascétiques, il y en a toujours eu, depuis des temps immémoriaux. On sait que ces pratiques se sont propagées chez des peuples sémites, mais on sait aussi en contrepartie ce fait: ces strictes minorités ne pouvaient exécuter ces pratiques qu' en vivant loin de la société. Mais les prédications de Saint Paul au peuples indo-européens s' efforcent de convaincre le chrétien d' une nouvelle conception anthropologique: la supériorité de la virginité et du célibat sur le mariage.
Pour comprendre les dimensions de cette divergence, il n' y a qu' à confronter les enseignements de Saint Paul avec ceux de Mahomet dans le Coran. Pour le premier, l' ascèse et l' abstinence sont considérés comme un idéal que doit poursuivre le chrétien, et le Coran affirme le contraire: quand il est réalisé conforme à la loi naturelle, l' acte sexuel ne présente aucun caractère de réprobation, et est agréable pour Dieu. Plus encore, "chaque fois que vous faites l' oeuvre de chair, vous donnez une aumône." L' aumône est la création de la vie.
Pour sa prédication autour du sexe, Saint Paul coupait les ponts non seulement avec la tradition juive, mais aussi avec l' ensemble de la famille sémite. Pour cette raison, le christianisme n' a pas pu se développer dans les terres qui ont vu naître son Messie, où il aurait effectués ses prédications et dont les populations lui avaient apportés ses premiers disciples. Le néophyte pouvait transgresser certaines prohibitions concernant les rites et les coutumes d' ordre secondaire, comme la circoncision ou certaines normes alimentaires, mais il lui était impossible de troubler son statut familial et renier le caractère de sa race. C' est parfois arrivé dans l' histoire, mais dans des circonstances très particulières, quand une nouvelle conception de la vie et accompagnée d' une culture conquérante supérieure; par exemple le décalage entre les civilisations précolombiennes et celle de la Renaissance qu 'apportaient les espagnols en Amérique, explique la disparition des religions autochtones. Ce n' était pas le cas des populations méditerranéennes au début de l' ère chrétienne. Pour la rigidité de sa doctrine autour du mariage, il était difficile que la propagation du christianisme puisse prospérer chez les peuples sémites polygames. En réalité, après la prédication de Saint Paul, le christianisme s' était converti en une religion uniquement adéquate pour les indo-européens .

La triple nature divine du Dieu Unique en question

Se présentait alors une difficulté encore plus complexe. Le Sauveur ne pouvait être le Dieu Unique, ce qui contredirait les Evangiles. D' un autre coté, son essence divine avait été reconnue par les chrétiens. Pour concilier ces extrêmes quelques intellectuels du III ème siècle ont conçu une doctrine très compliquée autour de la Trinité. Comme elle ressemblait aux conceptions philosophiques alors dominantes, ils pensèrent sans aucun doute qu' elle mettrait tout le monde d' accord. C' est tout le contraire qui arriva, la doctrine Trinitaire provoqua la discorde qui allait diviser les monothéistes jusqu' à nos jours. De nombreux auteurs ont vu des allusions au mystère de la Sainte Trinité dans le Nouveau Testament. Nous pensons pourtant comme indiscutable le fait suivant: les mots et les phrases qui peuvent se glaner dans les Evangiles ou les Epîtres de Saint Paul, ne possèdent pas la structure de cette doctrine telle qu' elle été exposée au Concile de Nicée, un dogme qui va provoquer de très longues et violentes disputes qui dureront deux siècles.
Il existe dans le premier Epître de Saint Jean un verset autour des trois témoins dans le ciel qui s' est rendu célèbre. Quand ce texte a été imprimé dans les premières bibles polyglottes, l' humaniste espagnol Antonio de Lebrija (1441-1522), éditeur de la plus ancienne, et plus tard Erasme, s' étaient rendus compte en comparant les textes latins avec les grecs qu'il s' agissait d' une interpolation tardive, ce qui provoqua de terribles disputes. De nos jours, les exégètes mettent ce verset entre parenthèse. le chanoine Augustin Crampon (1826-1894), auteur d' une moderne traduction de la Bible, qui a été l' une des plus lues en ce siècle, et de grande autorité pour les catholiques, met en note: "On ne trouve pas de mots mis entre parenthèse dans les manuscrits grecs antérieurs au XV ème siècle, ni dans aucun manuscrit de la Vulgate antérieure au VIII ème siècle."   
Tous les auteurs chrétiens ne reconnaissaient toujours pas la doctrine qui se structurait. Une personnalité du II ème siècle comme Saint Ignace d' Antioche, dans son Epître au chrétiens de Smyrne, qui constituent selon le père Hamman "un résumé de la foi chrétienne à cette époque", c' est à dire, qui fait état d' un christianisme à une date déterminée de son évolution historique, qui ne mentionne pas la Trinité. Justin le premier philosophe chrétien suit à ce sujet la tradition platonicienne et les leçons de l' Ecole d' Alexandrie. Le Verbe est le médiateur entre Dieu et le monde: "ce n'est pas seulement à cause des grecs ou de la bouche de Socrates que le Verbe ai fait connaître la vérité; les barbares aussi on été illuminés par ce même Verbe, fait homme et nommé Jésus Christ....le Verbe, je le déclare,est  le Prince le plus puissant et le juste après Dieu, qu' il a engendré."

Image du XV ème siècle illustrant des ariens en train de lapider Saint Eusèbe, au IV ème siècle


L' opposition naturelle à l' Eglise de la Trinité: l' arianisme

Pour Origènes, au début du III ème siècle, comme Fils, Jésus est subordonné à l' autorité de son père. Il a été crée par Dieu à partir de rien et l' a élevé au ciel jusqu' à lui. Pour cette raison qui jouit de la plus grande autorité sur toutes les créatures. Bien d' autres citations de ce genre pourraient être données, ce qui importe, c' est l' existence d' une variété d' opinion telle que les débats furent interminables. Il s' imposait donc la convocation d' un Concile pour mettre de l' ordre et s' orienter vers une doctrine. Ceci eu lieu à Nicée en 325, cependant la politique est intervenue et la profession de foi sur la Sainte Trinité fut imposée par la force de l' Etat à tous ses dissidents, desquels le plus important était Arius dont les fidèles étaient innombrables. C' est alors que commença la division entre les monothéistes, qui s' était maintenu jusqu' à là.
Tout au long du III ème siècle, les disputes se sont poursuivies chaque fois plus agressives, vulgaires, jusqu' à grossière. La situation du début du IV ème siècle s' est compliquée avec les prédications d' Arius. Il réussi à regrouper autour de lui une grande partie des opposants au dogme de la Trinité, surtout les évêques des provinces asiatiques qui buvaient dans les sources directement reliées à la tradition des premiers chrétiens, La situation devint dangereuse pour les leaders occidentaux. La doctrine Trinitaire que ces derniers défendaient fut sauvée par un événement politique extraordinaire: la conversion de Constantin. Le christianisme fut alors reconnu comme religion officielle. Mais comme les autorités chrétiennes résidentes à Rome avaient avec l' Empereur de meilleures relations que les évêques orientaux, ils conclurent avec lui un accord politique, qui de nos jours se nomme: le pacte constantinien.
Le pouvoir politique et spirituel s' appuyait mutuellement, en échange de l' adhésion des chrétiens à la personne investie au pouvoir de l' Etat, l' autorité religieuse recevait le concours des forces armées par en terminer avec leur ennemis théologiques. Rien de bénéficieux de ressorti de cette alliance, ni pour le christianisme dans son ensemble, ni pour la spiritualité des fidèles du Christ. Ceci provoquera rapidement une terrible mutation: la perte des chrétiens d' Asie, qui persécutés, dévieront vers un autre chemin. Comme le nouvel Empereur ne comprenait rien aux discussions théologiques, il donna son appui aux évêque occidentaux avec lesquels il avait un pacte. L' arianisme fut condamné et à ce moment commença une guerre civile entre chrétiens, où du sang à coulé, des gens ont été torturés, et la doctrine trinitaire fut imposée par le fer et le feu.
Ca a déjà été très difficile de déraciner l' arianisme d' Occident. Le pacte constantinien pouvait se révéler contre-productif si avec le cours des années, le chef des armées passait dans l' autre camp; comme cela est effectivement arrivé. Des missionnaires ariens avaient convertis dans leur terres d' origine plusieurs peuples germaniques, les ostrogoths, les vandales, les wisigoths. Quand la situation changea et que ces derniers prirent le pouvoir, il imposèrent cette hérésie aux nations qu' ils dominèrent. Ils eurent à Ravennes un centre de grande expansion, et l' idée fut répandue dans le sud de la France, dans la péninsule Ibérique, au nord de l' Afrique, en particulier en Barbarie. De l' autre coté, dans les provinces byzantines asiatiques, l' arianisme était vigoureux. La réaction postérieure de Constantinople ne put en finir avec cette hérésie et ce foyer d' idées fut la base de la révolution islamique en Asie Mineure.
La persécution religieuse a détruit l' oeuvre littéraire d' Arius, et les milliers de livres de ses disciples furent brûlés. Si on connaît leur conceptions religieuses, et très peu sur le culte de cette religion, on ne sait rien sur leur contenu social, en particulier sur le mariage. Par des indications qui peuvent se trouver dans les chroniques latines du Haut Moyen Age, il semble que les Goths ariens aient introduits la polygamie en Espagne. Ce sujet est trouble et nous y reviendrons plus loin. On peut cependant affirmer sans aucun doutes que la plus grande expansion de l' arianisme et ses meilleurs enracinements eurent lieu dans les régions d' Asie Mineure, d' Egypte, d' Afrique du Nord, la péninsule Ibérique, qui se convertirent, si ce n' était pas déjà fait, en terres où fleurirent la polygamie.

 Et la quintessence du monothéisme naquit en Arabie.

Avec l' impulsion générale qui dirigeait l' évolution des idées jusqu' au monothéisme, les concepts supérieurs du peuple juif et des grec fusionnaient, le résultat fut la philosophie alexandrine. Avec le court du temps l' évolution des concepts s' accélère, et les subtilités métaphysiques et théologiques de la philosophie alexandrine s' estompaient, ce qui a permis au syncrétisme musulman de devenir plus accessible aux masses, ce qui n' était pas le cas du syncrétisme arien, extrêmement théologique. De toutes les doctrines antérieures, seul l' Islam conservait des principes simples que tout le monde pouvait comprendre, les accessoires avaient été éliminés. André Siegfried écrit que: "ce qui distingue cette métaphysique, ce qui attire l' attention, c' est son extraordinaire simplicité; en somme, elle se limite à Dieu uniquement. Là est sa grandeur, dans laquelle se reflète la pureté doctrinale de l' Islam. Sa sublime simplicité dépasse la métaphysique chrétienne."
Ainsi s' explique que le syncrétisme musulman ai été capable de convaincre les masses sans pacte constantinien et de se convertir en religion stable. Contrairement au dogme romain, c' est une doctrine éminemment humaine. Pas de Logos, aucun Verbe, rien de surnaturel. Mahomet est simplement le dernier et le plus grand des prophètes.

A suivre...

Ce texte est une traduction partielle du livre de l' historien espagnol, Ignacio Olague, "Los arabes nunca invadieron a España."

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